Défenseurs des droits humains environnementaux et espace civique
La société civile joue un rôle essentiel dans la construction d’un avenir juste, inclusif et durable. Une société civile dynamique peut enrayer la déforestation et la perte d’habitats, prévenir l’extinction des espèces, promouvoir les droits de l’homme, renforcer l’État de droit, faire progresser les droits fonciers, soutenir la démocratie numérique, défendre l’égalité entre les femmes et les hommes, et promouvoir le développement durable ainsi que les intérêts des groupes marginalisés et d’autres objectifs d’intérêt général.
Défenseurs des droits humains environnementaux et espace civique
Nous renforçons les mécanismes de protection, améliorons la résilience organisationnelle et aidons les défenseurs et les institutions à mener leurs activités en toute sécurité, dans le respect de la loi et de manière durable, tout en faisant progresser la protection de l'environnement et les droits de l'homme.
La société civile joue un rôle essentiel dans la construction d’un avenir juste, inclusif et durable. Un espace civique fort est indispensable pour enrayer la déforestation et la perte d’habitats, prévenir l’extinction des espèces, faire progresser les droits de l’homme, renforcer l’État de droit, garantir les droits fonciers et les droits sur les ressources, soutenir la démocratie numérique, promouvoir l’égalité des genres et défendre les intérêts des communautés marginalisées.
Grâce à ce programme, nous protégeons les défenseurs des droits humains environnementaux (EHRD) et les organisations de conservation qui font face à des risques croissants en raison de leur travail en faveur de la justice climatique, de la protection de la biodiversité et de la gouvernance foncière. Ces acteurs œuvrent en première ligne de la protection de l’environnement, souvent dans des contextes marqués par un manque de responsabilité, des pressions liées à l’exploitation des ressources et des restrictions croissantes des libertés civiques.
Notre action se concentre sur la région minière de Kolwezi-Katanga en République démocratique du Congo et sur des espaces naturels clés du bassin du Congo et du rift Albertin, notamment les espaces de Murchison-Semliki, du plateau de Lendu, de Bili-Uélé et d’Ituri-Epulu-Aru. Ces zones font partie d’un « hotspot » de biodiversité d’importance mondiale et des paysages de l’Alliance for Zero Extinction, qui sont de plus en plus menacés par l’exploitation minière, l’expansion de l’agro-industrie, le développement des infrastructures, les conflits armés et la criminalité environnementale.
Les femmes défenseuses de l'environnement et des droits de l'homme
La participation des femmes à la défense des droits des communautés locales et des droits environnementaux est cruciale. Il est essentiel de créer les conditions propices à leur autonomisation et à leur participation active à la prise de décision pour garantir l'efficacité des interventions.
Les menaces numériques visant les défenseurs des droits humains environnementaux (EHRD) sont de plus en plus nombreuses et fréquentes dans les régions du Rift de l'Albertine et du bassin du Congo.
Alors que la violence à l'encontre des défenseurs des droits humains environnementaux (EHRD) ne cesse de s'intensifier, les peuples autochtones comptent parmi les plus exposés. Cette convergence de situations souligne la nécessité urgente de protéger les communautés autochtones et leurs défenseurs face à cette escalade de la violence.
Ils jouent un rôle crucial dans la protection de la biodiversité, la préservation des écosystèmes, la promotion du développement durable, la gestion durable des ressources naturelles et la défense des droits des communautés locales à un environnement sain.
Partout en Afrique et dans le monde entier, la marge de manœuvre de la société civile ne cesse de se réduire. L'autoritarisme gagne du terrain, et les régimes répressifs intensifient leurs mesures de répression à l'encontre de la société civile. Les défenseurs de l'environnement et les organisations de la société civile sont fréquemment victimes d'intimidations, de surveillance, de criminalisation et de violences.
Les gouvernements adoptent de plus en plus souvent des mesures restrictives qui compromettent la capacité des défenseurs des droits humains environnementaux et des organisations de la société civile (OSC) à se constituer, à fonctionner et à assurer leur pérennité de manière efficace et en toute sécurité, limitant ainsi leur capacité à mener des recherches, à mener des actions de plaidoyer, à s'organiser, à utiliser les technologies de l'information et de la communication, ainsi qu'à accéder à la coopération internationale au développement.
Les gouvernements recourent à des pratiques telles que la surveillance de masse, les cyberattaques et le recours à la force militaire contre des manifestants pacifiques, stigmatisent les organisations de la société civile et les militants, et utilisent les pouvoirs d'urgence comme prétexte pour restreindre l'espace civique.
Ces restrictions touchent souvent de manière disproportionnée des groupes déjà marginalisés, notamment les femmes, les jeunes et les peuples autochtones.
Les femmes défenseuses des droits humains et de l'environnement (WEHRD)
L'implication des femmes dans la défense des droits des communautés locales et des droits environnementaux est cruciale. Elles jouent un rôle central dans la gestion du foyer, la santé et la sécurité alimentaire de communautés entières. Il est essentiel, pour garantir l'efficacité des interventions, de créer les conditions propices à leur autonomisation et à leur participation active à la prise de décision. La solidarité internationale et le soutien apportés aux défenseuses des droits humains et de l'environnement (WEHRD), que ce soit par le biais d'un soutien financier, diplomatique, juridique ou de plaidoyer, peuvent considérablement renforcer leur sécurité et amplifier l'impact de leurs luttes.
Les femmes défenseuses des droits humains et de l’environnement sont confrontées à des menaces et des agressions spécifiques liées à leur genre, ainsi qu’à un fardeau psychologique et économique supplémentaire, conséquence de leur militantisme et de leur rôle fréquent de principale responsable des soins. Elles sont victimes de manière disproportionnée d’agressions sexuelles, de harcèlement et d’intimidations à caractère sexuel, en particulier les femmes défenseuses autochtones des droits humains et de l’environnement. Or, elles ont moins accès aux moyens de protection que leurs homologues masculins, bien qu’elles soient confrontées à des risques similaires, voire parfois plus importants. Cette disparité est particulièrement évidente dans les cas où la violence conjugale et d’autres formes de pression familiale ou communautaire sont utilisées pour punir les défenseuses de l’environnement pour leur militantisme — un phénomène qui n’est souvent ni signalé ni reconnu comme une menace légitime.
Le rôle de premier plan joué par les défenseuses des droits humains (WEHRD) dans les luttes pour les droits de l'homme, la justice climatique et la gouvernance forestière est souvent méconnu, délibérément ignoré ou écarté, car il remet en cause les normes et les structures patriarcales liées au genre.
Outre les défis externes, les défenseuses des droits humains sont souvent confrontées à la discrimination et aux menaces de la part d’autres défenseurs des droits humains au sein des milieux plus larges des droits humains et de la justice climatique. Les femmes issues de communautés marginalisées qui défendent les droits des peuples autochtones sont victimes d’une discrimination aggravée en raison de leur militantisme, mais aussi de leur identité politique, ethnique, sociale ou de genre.
Menaces numériques
Les menaces numériques visant les défenseurs des droits humains environnementaux (EHRD) sont de plus en plus nombreuses et fréquentes dans les régions du Rift de l'Albertine et du bassin du Congo, ce qui reflète l'accès généralisé dont bénéficient ces défenseurs aux appareils numériques ainsi que le rôle essentiel que joue la technologie dans leur travail.
Ces attaques numériques recourent à diverses tactiques, notamment la surveillance, les infections ciblées par des logiciels malveillants, le piratage, le trolling, la confiscation d'appareils et le vol. Les gouvernements et les entreprises font preuve d'une sophistication croissante dans l'utilisation de la technologie pour surveiller les militants, les journalistes et les opposants politiques, tentant souvent de présenter le suivi comme un compromis nécessaire pour garantir la sécurité de la société.
Les campagnes de dénigrement en ligne visant les défenseurs des droits humains environnementaux sont de plus en plus courantes et devraient encore se multiplier. Ces campagnes sont peu coûteuses, anonymes et difficiles à contrer. Les femmes défenseuses des droits humains environnementaux (WEHRD) sont particulièrement vulnérables, car ces campagnes comportent souvent des discours de haine à caractère sexiste.
Nous avons recensé de nombreux cas dans toute la région où des défenseuses des droits humains ont reçu des menaces sur les réseaux sociaux. Il est inquiétant de constater que certaines de ces menaces révèlent que leurs auteurs ont accès à des informations personnelles précises et à la localisation des personnes visées. Bon nombre de ces messages menaçants contiennent des propos misogynes et des menaces explicites de violences sexuelles à l’encontre des femmes concernées.
Peuples autochtones
Alors que la violence à l’encontre des défenseurs des droits humains environnementaux (EHRD) ne cesse de s’intensifier, les peuples autochtones comptent parmi les plus exposés. Selon Global Witness, les militants autochtones représentent 39 % des défenseurs de l’environnement et des terres assassinés au cours de la dernière décennie. Bien que les femmes ne représentent que 10 % du nombre total de victimes, près des deux tiers des personnes tuées étaient des femmes autochtones, ce qui met en évidence l’intersection cruciale entre le genre et l’identité autochtone. La plupart de ces assassinats étaient liés aux industries minières et extractives, mais l'agro-industrie, les barrages hydroélectriques, les conflits liés aux droits sur l'eau et l'exploitation forestière y ont également contribué de manière significative.
Le Rapporteur spécial des Nations unies sur les défenseurs des droits de l’homme a reconnu les menaces et les violences auxquelles sont confrontés les défenseurs de l’environnement, soulignant dans ses rapports le lien entre les droits des peuples autochtones et la défense de l’environnement. Cette convergence met en évidence la nécessité urgente de protéger les communautés autochtones et leurs défenseurs face à l’escalade de la violence.
Les peuples autochtones d’Ouganda et de la République démocratique du Congo sont confrontés à de nombreuses violations de leurs droits et libertés, notamment leur liberté d’expression, de réunion et d’auto-organisation, ainsi que leur accès à la justice et leurs droits à la terre, aux territoires et aux ressources naturelles. Une discrimination généralisée persiste, et les cas de harcèlement, de menaces, voire d’agressions mortelles à l’encontre des défenseurs des droits humains et des dirigeants autochtones sont en augmentation. Lorsqu’ils font valoir leurs droits sur leurs terres ancestrales, ils sont souvent qualifiés de terroristes ou accusés de sédition.
La demande croissante de terres et de ressources naturelles continue d’exposer les territoires des peuples autochtones à des risques d’exploitation, d’acquisitions illicites et d’accaparement des terres. Parmi les principaux facteurs à l’origine de cette situation figurent l’extraction minière, l’exploitation forestière, l’agro-industrie et les projets d’infrastructure à grande échelle, notamment ceux liés aux énergies vertes. En conséquence, les peuples autochtones sont confrontés à des expulsions forcées, à des atteintes aux droits de l’homme, à des violations et à des conflits qui menacent leurs moyens de subsistance, leur sécurité alimentaire, leur identité culturelle et leur survie.
Les femmes autochtones sont des actrices actives du changement et des figures de proue de la lutte pour les droits des peuples autochtones. Cependant, elles sont fréquemment la cible d’intimidations, de menaces et de violences, et font l’objet d’une criminalisation par le biais de fausses accusations, ce qui conduit à des poursuites judiciaires sans fondement et à des peines d’emprisonnement. Ces agissements visent à les démoraliser, à paralyser leur action en faveur des droits humains et à délégitimer leurs causes. Cette violence, combinée aux formes croisées de discrimination auxquelles les femmes autochtones sont confrontées, crée des conditions qui perpétuent et exacerbent la violence à leur égard.
La violence à l’égard des femmes et des filles autochtones se manifeste également lors de conflits armés, de la militarisation des territoires, de la mise en œuvre de projets de développement et d’exploitation minière, ainsi que dans le cadre de leurs efforts pour défendre les droits de l’homme. Cette violence est parfois motivée par des considérations politiques. Le cycle de la pauvreté touche de manière disproportionnée les femmes et les filles les plus vulnérables, telles que les mères célibataires, les enfants mariées, les orphelines, les veuves et les femmes en situation de handicap, perpétuant ainsi une marginalisation intergénérationnelle et l’impunité face à la violence.
Gardes forestiers et gardes des forêts
Les gardes forestiers et les agents de protection de la forêt incarnent l’essence même des défenseurs des droits humains environnementaux en Afrique. Ils jouent un rôle crucial dans la protection de la biodiversité, la conservation des écosystèmes, la promotion du développement durable, la gestion durable des ressources naturelles et la défense des droits des communautés locales à un environnement sain. Pour relever les défis auxquels ils sont confrontés, il est nécessaire d’investir davantage dans leur formation, leur bien-être et leur équipement, ainsi que de renforcer l’application des lois environnementales, les efforts de conservation menés par les communautés et les partenariats avec les acteurs locaux. Le soutien international est essentiel pour contrer les menaces que représentent les réseaux criminels et les conflits armés. Reconnaître leurs sacrifices et renforcer leurs capacités sont des étapes indispensables pour préserver la riche biodiversité de l’Afrique et donner aux communautés locales les moyens de coexister harmonieusement avec la nature.
Les défenseurs des droits humains environnementaux (EHRD), tels que définis par les Nations unies, sont des personnes ou des collectifs qui œuvrent, à titre personnel ou professionnel, à la réalisation des droits environnementaux fondamentaux. De par la nature même de leur métier, tous les gardes forestiers devraient être considérés comme des EHRD, car leur travail contribue à garantir un environnement sûr, propre, sain et durable. Un environnement sain est une condition préalable indispensable à la pleine réalisation de nombreux droits humains.
Leurs responsabilités comprennent la surveillance des zones protégées, le suivi des populations d'animaux sauvages, la lutte contre le braconnage et la gestion des conflits entre l'homme et la faune. Les gardes forestiers communautaires, souvent recrutés parmi les populations locales, jouent un rôle d'intermédiaires essentiels entre les initiatives de conservation et les communautés locales. En favorisant la collaboration, la confiance et la sensibilisation à la conservation, ils contribuent de manière décisive à l'application des lois environnementales, à la protection des corridors écologiques et à la mise en œuvre de projets de restauration, ce qui en fait des acteurs clés de la défense des droits humains liés à l'environnement.
Les gardes forestiers et les agents de protection de la forêt sont confrontés à d’immenses défis, car ils doivent concilier leur rôle de défenseurs de l’environnement et celui de membres des communautés locales. L’Afrique affiche l’un des taux les plus élevés au monde de violences à l’encontre des gardes forestiers et des défenseurs de l’environnement, avec de nombreux cas signalés d’assassinats, de blessures et d’enlèvements. Ils sont confrontés à des braconniers armés, à des bûcherons illégaux et à des trafiquants d’espèces sauvages qui les considèrent comme des obstacles à leurs activités illicites lucratives. Dans des régions comme la République démocratique du Congo, les risques sont exacerbés par la présence de groupes armés et l’instabilité politique. La corruption au sein des structures de gouvernance sape encore davantage leurs efforts, ce qui conduit à une application incohérente des lois environnementales et expose les gardes forestiers à des représailles de la part de puissants réseaux impliqués dans l’exploitation de l’environnement.
Les gardes forestiers doivent souvent faire face à des ressources limitées, notamment une formation insuffisante, un équipement médiocre et des salaires modestes, ce qui les rend vulnérables face à des adversaires bien armés. Au-delà de la violence physique, ils subissent un stress psychologique important dû aux menaces constantes et au manque de reconnaissance de leurs sacrifices, ce qui entraîne une baisse du moral et un épuisement professionnel.
Les gardes forestiers sont confrontés à des pressions sociales les incitant à fermer les yeux sur des activités illégales ou font l’objet de menaces de la part de leurs voisins, ce qui entraîne des conflits d’intérêts. Cependant, leur connaissance approfondie des coutumes locales et leur capacité à arbitrer efficacement les différends favorisent souvent un soutien accru de la communauté envers les projets de conservation. Ils mettent également en avant la dimension des droits de l’homme liée à la protection de l’environnement en plaidant pour un accès équitable aux ressources et en s’opposant aux pratiques de développement néfastes qui menacent à la fois les écosystèmes et les moyens de subsistance.
Notre travail
Nous proposons des outils de sécurité numériques et physiques, ainsi que des services de renforcement des capacités, de conseil et d'accompagnement
Nous proposons des outils de sécurité numériques et physiques, des actions de renforcement des capacités, des services de conseil et un accompagnement. Nous aidons les défenseurs des droits humains dans le domaine de l'environnement à assurer leur sécurité en renforçant la gestion des risques liés à leur sécurité, la sécurité de l'information, la protection des données, ainsi que la prise en charge et le bien-être de leur personnel.
Nous offrons protection et soutien
ED propose des services de relogement, de protection, d'accompagnement psychosocial et d'assistance juridique, ainsi que d'autres mesures préventives, sans oublier des aides financières d'urgence et du matériel de sécurité.
Nous aidons les communautés à revendiquer et à préserver la sécurité de leur régime foncier
Grâce à l'enregistrement foncier, à la cartographie foncière et au plaidoyer politique, nous renforçons l'autonomie et la résilience des défenseurs des droits humains environnementaux.
Dans l'émission « National Perspective » de l'Uganda Radio Network de cette semaine, notre équipe s'est entretenue, au cours des derniers mois, avec...